Princesse Peach Showtime : notre avis

Princesse Peach Showtime reste, deux ans et demi après sa sortie, un jeu facile à conseiller à un enfant de sept ans et difficile à conseiller à un adulte qui cherche un Mario. Voilà le verdict en une phrase. Le reste tient à une idée de mise en scène réelle, un théâtre, et à un contenu qui s’épuise vite.

Cette analyse s’appuie sur les faits vérifiables du jeu et sur ce que la presse spécialisée en a écrit, pas sur une expérience de jeu personnelle.

Princesse Peach Showtime : la fiche du jeu

Le jeu est développé par Good-Feel, studio japonais déjà responsable de Kirby et le pinceau arc-en-ciel et de Yoshi’s Woolly World, et édité par Nintendo. Il sort le 22 mars 2024 sur Nintendo Switch, fonctionne sous Unreal Engine 4 et se joue uniquement en solo. Etsunobu Ebisu en assure la direction et la production, ce qui constitue son premier rôle de directeur depuis plus de vingt-cinq ans, lui qui a travaillé sur la série Goemon.

Le classement est PEGI 7. Le jeu se déroule au Théâtre de l’Étincelle, envahi par la sorcière Syrah et sa Grappe maléfique. Peach, privée de sa couronne, s’allie à Stella, la gardienne des lieux, et doit reprendre les pièces une par une pour libérer les vedettes retenues.

Côté ventes, le démarrage est solide : 1,22 million d’exemplaires écoulés en dix jours, puis plus de 1,30 million au 30 juin 2024.

Ce que la presse spécialisée en a dit

La moyenne MetaCritic s’établit à 74 sur 116 critiques, ce qui correspond à un accueil « mitigé à moyen » selon la terminologie du site. OpenCritic recense 60 % de recommandations sur 106 avis. Famitsu attribue 33 sur 40, score honorable au Japon.

Les notes individuelles dessinent un désaccord net. IGN donne 7 sur 10, salue la variété des costumes, la mise en scène et les boss, mais relève des niveaux artificiellement longs à cause des cinématiques, un modèle de Peach parfois flou et des écrans de chargement qui saccadent. GameSpot donne également 7 sur 10. Eurogamer monte à 4 sur 5, Nintendo Life à 8 sur 10.

En France, Gamekult titre son test « à nos actes manqués » et situe clairement la cible : de très jeunes enfants. Le site relève trois niveaux par costume, ni plus ni moins, et note que les énigmes des niveaux détective n’arrêteraient pas un élève de CE2. Jeuxvideo.com estime la durée de l’aventure principale à une demi-douzaine d’heures, à raison d’une dizaine de minutes par niveau. The Guardian parle d’un jeu « mince comme du papier » et d’idées qui ressemblent à des prototypes sortis des bureaux de Nintendo.

Les transformations, la vraie idée de game design

Le principe est simple et bien trouvé : Peach monte sur une plateforme, le décor décide de son rôle, et chaque rôle apporte des commandes différentes. Nintendo en a officiellement présenté six avant la sortie.

  • Peach épéiste : taille, esquive et contre au bon moment.
  • Peach pâtissière : décoration de gâteaux contre la montre.
  • Peach ninja : infiltration, sauts muraux, kunai.
  • Peach western : lasso et poursuites à cheval.
  • Peach détective : interrogatoires et recherche d’indices.
  • Peach kung-fu : corps à corps et sauts défensifs.

Le jeu complet en compte dix, avec en plus des séquences de patinage artistique, de cambriolage, de natation et de super-héroïne. Les niveaux d’action, notamment ceux de l’épéiste et de la ninja, sont les plus convaincants : les contrôles répondent, la mise en scène est généreuse, et le rythme tient.

Les niveaux de figurine, plus rares, reposent sur des mini-jeux. C’est là que le bât blesse. La pâtisserie à 100 % exige un timing strict qui tranche avec la facilité générale, incohérence de difficulté que Gamekult relève explicitement.

Les défauts que personne ne conteste

Trois reproches reviennent dans presque toutes les critiques, et ils sont fondés.

La répétition d’abord. Trois niveaux par costume, avec la même mécanique du début à la fin, laissent une impression de démonstration étirée. Une idée forte par transformation, exploitée jusqu’à l’épuisement.

La difficulté ensuite. Peach dispose de cinq cœurs, et un accessoire optionnel en ajoute trois. Les ennemis se contournent plus qu’ils ne se combattent. Un joueur habitué aux Mario termine le jeu sans perdre une vie, ce qui est un choix assumé mais laisse peu de place au plaisir de la maîtrise.

Le contenu enfin. Une aventure principale de six heures, sans coopération, sans mode supplémentaire consistant, pour un jeu vendu au tarif standard d’une production Switch. Les collectionneurs trouveront des rubans à débloquer et des gemmes à dépenser, pas de raison de revenir une fois le théâtre restauré.

Un mot sur la technique, puisque c’est le seul reproche qui ne dépend pas des goûts. Le jeu tourne sous Unreal Engine 4, un choix inhabituel chez Nintendo, et IGN note un modèle de Peach parfois flou ainsi que des chargements qui saccadent. Rien de bloquant, mais un fini en dessous de ce que la maison produit habituellement.

Rubans, gemmes et quête du 100 %

Le jeu récompense l’exploration avec trois monnaies parallèles. Les gemmes, premières d’entre elles, servent à acheter des rubans, c’est-à-dire des apparences pour Peach et pour Stella. Certains rubans ne s’obtiennent qu’en sauvant un habitant caché dans chaque niveau, d’autres en réussissant les défis de répétition, d’autres encore en dépensant les gemmes accumulées.

Ce système donne une raison de refaire les tableaux, sans jamais créer d’obligation. C’est aussi sa limite : le 100 % consiste à repasser les mêmes niveaux pour ramasser ce qui restait, pas à affronter un contenu nouveau. Les joueurs qui visent la complétion y trouveront une dizaine d’heures supplémentaires, les autres s’arrêteront à la fin du générique sans rien perdre.

Le Théâtre de l’Étincelle sauve le tout

Ce qui tient debout, c’est la direction artistique. Chaque étage du théâtre propose un décor de pièce différente, avec ses rideaux, ses projecteurs et ses spectateurs. Les transitions entre les tableaux sont traitées comme des changements d’acte, et Stella sert de fil narratif léger sans jamais interrompre le jeu.

La bande-son suit la même logique, avec des thèmes courts qui changent à chaque représentation. C’est le point le plus consensuel des critiques, et il compte : le jeu a une identité visuelle immédiatement reconnaissable, ce que peu de spin-offs Mario peuvent revendiquer.

Alors, pour qui ?

Pour un enfant de cinq à neuf ans, c’est un bon jeu, peut-être un très bon jeu : lisible, coloré, sans échec bloquant, avec des rôles qui changent souvent. Pour un adulte qui a aimé Super Mario Bros. Wonder, c’est une déception polie. Le même budget donne accès à beaucoup plus de jeu et de challenge ailleurs.

Notre position est donc simple : à prendre en promotion ou en occasion, pas au plein tarif. Et à réserver à un usage familial, en alternance avec un jeu plus exigeant.

Pour comparer avec les autres jeux de la plage, notre sélection des meilleurs jeux de Mario détaille les alternatives 2D et 3D. Si vous cherchez spécifiquement le Platformer le plus dense sur Switch, Super Mario 3D World + Bowser’s Fury reste le choix évident. Et pour comprendre d’où vient le personnage, notre article sur l’histoire et l’évolution de Peach retrace quarante et un ans de jeux.

Informations vérifiées le 24 octobre 2026.

Sources

Fiche technique, dates, ventes : Wikipédia (Princess Peach: Showtime!). Notes agrégées : Metacritic, OpenCritic, Famitsu. Critiques citées : IGN, GameSpot, Eurogamer, Nintendo Life, Gamekult, Jeuxvideo.com, The Guardian. Noms français officiels : page Nintendo France du jeu.

By jdm

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