New Super Mario Bros Wii a réussi un pari que Nintendo n’avait jamais tenté sur console de salon : faire courir quatre joueurs sur la même image, en même temps, dans un niveau de Mario en 2D. Sorti en novembre 2009 sur Wii, le jeu s’est écoulé à plus de 30 millions d’exemplaires et reste la référence du multijoueur local dans la série. Dix-sept ans plus tard, une question simple se pose : que vaut-il encore, et pour qui ?

New Super Mario Bros Wii : quatre joueurs, une seule caméra

Le jeu est développé par le studio EAD numéro 4 de Nintendo, dirigé par Shigeyuki Asuke et produit par Takashi Tezuka et Hiroyuki Kimura. Sa proposition tient en une phrase : Mario, Luigi et deux Toads traversent les mêmes niveaux simultanément, avec une caméra commune qui recadre l’ensemble du groupe.

Cette contrainte change tout. Un joueur en retard est ramené dans une bulle flottante, qu’il peut faire éclater quand il le souhaite pour retomber dans l’action. Les personnages peuvent se porter, se lancer, se piétiner volontairement, et voler l’étoile d’un camarade au dernier moment. Le mode compétition pousse la logique plus loin avec des objectifs de score, mais c’est la coopération qui a marqué les esprits, y compris par son désordre.

Nintendo ajoute deux dispositifs d’accessibilité devenus des standards de la série. Le premier est le bloc d’aide : après huit morts consécutives dans un niveau, un bloc vert apparaît et Luigi, contrôlé par la machine, montre un chemin sûr. Le second est la sortie de niveau par la bulle, qui permet de sauter une section sans abandonner la partie. Les deux peuvent être ignorés, et le jeu récompense d’ailleurs les joueurs qui terminent sans déclencher l’aide.

Huit mondes, un neuvième caché et des pièces étoile

La structure reste classique : huit mondes de huit à dix niveaux, une carte en 3D reliée par des chemins, des maisons de Toad, des forteresses et des aéronefs. Chaque niveau cache trois pièces étoile, souvent derrière un passage secret ou une transformation précise. Elles servent à acheter des films d’indices, et surtout à ouvrir le neuvième monde, accessible après avoir battu le dernier château.

Ce monde bonus concentre les passages les plus exigeants du jeu. Il faut y voir la vraie fin du contenu solo, celle qui distingue les joueurs qui ont traversé le jeu de ceux qui l’ont fouillé. Les boss suivent la tradition : les Koopalings dans les forteresses, Bowser Jr. et Kamek sur les aéronefs, puis Bowser pour le final, dans un combat qui reprend la logique du premier Super Mario Bros. avec une échelle de taille.

Le costume pingouin, le champignon propulseur et la fleur de glace

Trois nouveautés complètent l’arsenal habituel. Le costume pingouin transforme Mario en manchot glissant : il projette des boules de glace qui gèlent les ennemis en blocs transportables, glisse sur le ventre et gagne en contrôle sur la glace comme dans l’eau. Le champignon propulseur fait décoller Mario brièvement quand on secoue la Wiimote, ce qui ouvre des raccourcis verticaux absents des autres épisodes 2D. La fleur de glace, plus classique, reprend le principe de la fleur de feu avec des projectiles qui immobilisent au lieu de brûler.

Ces transformations sont aussi la limite du jeu. Le costume pingouin est si polyvalent qu’il écrase une partie du reste de l’arsenal, et la campagne solo se joue souvent avec le même équipement du début à la fin. C’est un confort, pas une faute de design, mais cela réduit la variété des approches. Les joueurs qui ont fait le jeu à quatre le savent : la vraie difficulté n’est pas de trouver le bon costume, mais de garder tout le monde à l’écran sans projeter un Toad dans un trou.

La difficulté progresse d’ailleurs surtout par la géométrie. Les derniers mondes empilent les plates-formes mobiles, les blocs qui s’effritent et les ennemis qui surgissent du décor, ce qui punit la précipitation plus que l’imprécision. Un joueur seul peut finir le jeu en une dizaine d’heures, un groupe de quatre y passe plutôt le double, avec beaucoup de fous rires et quelques disputes.

Ce que la presse spécialisée en a dit

Sur Metacritic, New Super Mario Bros Wii affiche 87 sur 100, avec 75 critiques positives sur 80 et aucune négative. GameRankings, l’ancien agrégateur, donnait 88,18 %. La presse salue presque unanimement l’introduction du multijoueur coopératif, la précision des contrôles et la qualité des niveaux, avec une mention récurrente pour les pièces étoile, qui donnent une raison de rejouer.

Les réserves portent sur trois points, et elles sont documentées. Certains critiques regrettent un manque d’innovation face à New Super Mario Bros. sur DS, avec une direction artistique jugée sage. D’autres relèvent que la caméra commune rend le multijoueur chaotique à quatre, notamment dans les passages étroits, où les personnages se gênent et se projettent hors de l’écran. CNET, dans sa critique de l’époque, parlait d’un jeu plaisant mais « fermement ancré dans l’ère de la 2D ». MTV comparait même sa difficulté à celle de Contra sur NES, ce qui en dit long sur certains niveaux avancés.

Les limites qui comptent en 2026

Le premier obstacle est matériel. Le jeu demande des Wiimotes, éventuellement des Nunchakus, et une Wii ou une Wii U compatible. Il n’existe aucune version Switch annoncée à ce jour. La Wii U propose une Console Virtuelle, mais uniquement sur les territoires européen, australien et japonais, ce qui complique l’accès pour un joueur nord-américain. Sur Switch 2, il faut donc sortir la vieille console du placard.

Le deuxième obstacle est le online. Il n’y en a pas. Toute l’expérience à quatre se joue dans le même salon, ce qui était la promesse de l’époque et devient une contrainte pour des joueurs habitués au jeu à distance. Le troisième est l’ergonomie : secouer la Wiimote pour voler fonctionne, mais vieillit mal face aux sticks modernes.

Reste un point fort que les épisodes suivants ont parfois perdu : la lisibilité. Un niveau de New Super Mario Bros. Wii se comprend en trois secondes, et un enfant de six ans peut jouer avec un adulte sans lire un seul mot. C’est exactement ce que Super Mario Bros. Wonder a poussé plus loin en 2023, avec les fleurs prodige et les badges, mais la base est ici.

Faut-il y jouer aujourd’hui ?

Oui, si vous cherchez un jeu à quatre sur un canapé, avec des joueurs de niveaux très différents. Le mode coopératif pardonne beaucoup : la bulle, le bloc d’aide et la possibilité de porter un camarade permettent à un débutant de finir le jeu sans le subir. La campagne solo reste solide, avec un neuvième monde qui demande un vrai investissement.

Non, si vous jouez seul et cherchez le meilleur épisode 2D de la série. New Super Mario Bros. U Deluxe propose des niveaux plus travaillés et un mode Luigi plus exigeant, et Super Mario Bros. Wonder va plus loin dans l’invention. New Super Mario Bros Wii garde un avantage : c’est le seul de la trilogie « New » à avoir été pensé autour de la coopération plutôt que de l’avoir ajoutée.

Pour situer le jeu dans la série, notre sélection des meilleurs jeux de Mario reste la meilleure porte d’entrée. Si vous hésitez avec la suite, le test de New Super Mario Bros U Deluxe détaille ce qui change, et notre retour sur New Super Mario Bros 2 sur 3DS montre la version portable de la même formule. Pour comprendre la logique des transformations, le dossier sur les différentes transformations de Mario complète le tableau.

By jdm

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