La série Mario & Luigi RPG tient en huit jeux et vingt et un ans, de la Game Boy Advance de 2003 à la Switch de 2024. Deux frères, un bouton chacun, et des combats où chaque attaque se joue au timing plutôt que dans un menu. Un seul studio l’a portée pendant seize ans avant de fermer boutique.
Le Japonais l’appelle Mario & Luigi RPG. En Europe, les boîtes affichent seulement Mario & Luigi, mais le contenu est le même : Mario répond à la croix directionnelle, Luigi au bouton rond, et le joueur enchaîne les deux pendant l’exploration comme pendant les combats. Cette contrainte de contrôle à deux personnages simultanés reste la signature de la série, y compris dans l’épisode le plus récent.
Mario & Luigi RPG : les huit jeux, dans l’ordre
- Superstar Saga (Game Boy Advance, novembre 2003)
- Les Frères du temps (Nintendo DS, 2005)
- Voyage au centre de Bowser (Nintendo DS, 2009)
- Dream Team Bros. (Nintendo 3DS, 2013)
- Paper Jam Bros. (Nintendo 3DS, 2015)
- Superstar Saga + Bowser’s Minions (Nintendo 3DS, octobre 2017, remake)
- Voyage au centre de Bowser + Bowser Jr.’s Journey (Nintendo 3DS, 2018-2019 selon les régions, remake)
- Brothership (Nintendo Switch, 7 novembre 2024)
Six jeux inédits, deux remakes. Tous sont sortis au Japon, en Amérique du Nord et en Europe, avec des écarts de quelques semaines à quelques mois. Aucun épisode portable n’a été porté sur Switch ou Switch 2 à ce jour : la ludothèque accessible sans matériel d’origine se limite donc à Brothership.
Superstar Saga (2003) : la formule posée d’entrée
Le premier épisode sort sur Game Boy Advance en novembre 2003, développé par AlphaDream et édité par Nintendo. Le studio a été fondé le 12 janvier 2000 par Chihiro Fujioka et Tetsuo Mizuno, deux anciens de Square, et son nom est un clin d’œil au « premier rêve » de Final Fantasy.
Le scénario est simple : Cackletta vole la voix de la princesse Peach, et les deux frères partent la récupérer dans le royaume de Végésia. Ce qui change tout, c’est l’exécution. Les attaques se déclenchent par un saut ou un coup de marteau synchronisé, les esquives demandent de lire l’animation de l’ennemi, et les énigmes du monde ouvert se résolvent à deux. La presse de l’époque parle d’un des meilleurs jeux de la console : GameSpot et Eurogamer le classent parmi les titres GBA de l’année, et Metacritic affiche 90/100.
C’est aussi l’épisode qui fixe le ton comique de la série. Luigi y devient peureux, bavard et malchanceux, un rôle écrit pour le jeu après des années de figuration. Fawful, créé par l’illustrateur Masanori Sato, apparaît ici en second antagoniste avant de revenir en vedette.
Les Frères du temps (2005) : deux bébés de plus
Premier épisode sur Nintendo DS, Mario & Luigi : Les Frères du temps double la mise : les bébés Mario et Luigi remontent le temps, ce qui porte à quatre le nombre de personnages contrôlés simultanément. Le jeu permet de séparer les paires, une souplesse qui complique les combats autant qu’elle les enrichit.
Les Shroobs, extraterrestres envahisseurs, servent d’antagonistes dans un Royaume Champignon ravagé. La presse salue l’écriture comique et le rythme, tout en pointant un équilibrage perfectible des objets spéciaux, les objets frères. Metacritic reste à 86/100, soit une baisse nette par rapport au premier volet.
Voyage au centre de Bowser (2009) : le sommet de la série
C’est l’épisode que la plupart des joueurs citent en premier, et pour une raison structurelle : le jeu se joue à deux échelles. Une partie suit Mario et Luigi à l’intérieur du corps de Bowser, en 2D ; l’autre suit Bowser lui-même à l’extérieur, en 3D. Le joueur alterne, et chaque camp débloque les situations de l’autre.
Fawful y passe au premier plan : il fait avaler Mario, Luigi et Peach à Bowser, puis prend le contrôle du Royaume Champignon. Le résultat est le jeu le plus varié de la série, avec un humour qui repose autant sur la vanité de Bowser que sur la maladresse de Luigi. Metacritic affiche 90/100, comme Superstar Saga, et Giant Bomb souligne que la formule tient parce que les ajouts sont petits mais bien placés. Notre dossier sur Mario & Luigi : Voyage au centre de Bowser détaille ce qui fait sa réputation.
Dream Team Bros. (2013) et Paper Jam Bros. (2015) : la formule s’use
Dream Team Bros. arrive sur 3DS en 2013 et mise sur le rêve : l’écran tactile sert à tirer la moustache d’un Luigi endormi pour déformer le décor, allonger des plates-formes ou ralentir le temps. L’idée est bonne, l’abondance d’idées est le problème. IGN parle d’une expérience inégale, où chaque mécanique est introduite puis abandonnée, et Nintendo Life recommande le jeu surtout aux fans obsessionnels de la série. Metacritic : 81/100.
Paper Jam Bros. croise la série avec Paper Mario en 2015. Paper Mario rejoint l’équipe, ce qui donne trois personnages à gérer et des combos de trio. Les critiques sont plus dures : environnements jugés sans inspiration, scénario fade selon IGN, même si le principe reste solide. À 76/100, c’est la note la plus basse de la série. Si vous cherchez le meilleur Paper Mario, notre test de Paper Mario : La Porte Millénaire reste la meilleure entrée en matière.
Les remakes 3DS : utiles, mais pas indispensables
Nintendo ressort Superstar Saga + Bowser’s Minions en octobre 2017, puis Voyage au centre de Bowser + Bowser Jr.’s Journey entre fin 2018 et début 2019 selon les régions. Les deux ajoutent un mode secondaire de gestion de troupes, où l’on aligne des sbires de Bowser dans des batailles en pierre-feuille-ciseaux.
Les remakes sont bien reçus, sans égaler les originaux : 81/100 et 84/100 sur Metacritic. La critique la plus répétée vise justement les modes bonus, jugés monotones et répétitifs, avec un rythme de progression trop lent. Le mode principal, lui, gagne en confort et en lisibilité sur l’écran 3DS.
Brothership (2024) : Acquire change d’échelle
AlphaDream dépose le bilan le 1er octobre 2019, avec une dette supérieure à 465 millions de yens dès mars 2018. La série semble terminée. Nintendo confie finalement le sixième épisode à Acquire, studio japonais connu pour Tenchu et Octopath Traveler, et Mario & Luigi : Brothership sort le 7 novembre 2024 sur Switch.
Le changement est visible : passage à la 3D complète sous Unreal Engine, direction assurée par Haruyuki Ohashi, musique de Hideki Sakamoto. Le jeu se déroule à Concordia, un archipel d’îles à reconnecter en pilotant une île-navire. Deux mécaniques nouvelles : la logique de Luigi, qui agit seul pour résoudre des énigmes, et les prises de combat, des bonus limités en usages à recharger. La presse salue la direction artistique et le système de combat, critique le rythme et les performances. Metacritic : 77/100, OpenCritic : 67 % de recommandations.
Par quel Mario & Luigi commencer en 2026 ?
Commencez par Voyage au centre de Bowser. C’est le meilleur équilibre entre écriture, variété et accessibilité, et il reste jouable sur DS ou 3DS d’occasion. Enchaînez avec Superstar Saga, de préférence dans sa version 3DS pour le confort d’écran, afin de voir d’où vient la formule.
Si vous ne voulez brancher qu’une console moderne, prenez Brothership : il est le seul disponible nativement sur Switch, il explique ses mécaniques correctement, et il reste un bon RPG pour quelqu’un qui n’a jamais touché à la série. En revanche, ne commencez pas par Paper Jam Bros. : c’est l’épisode le plus faible, et il suppose une familiarité avec Paper Mario qui n’apporte rien si vous découvrez l’univers.
Pour situer ces jeux dans l’ensemble de la ludothèque du plombier, notre sélection des meilleurs jeux de Mario sert de point de départ. Et si vous hésitez avec un autre RPG de la franchise, le remake de Super Mario RPG est plus court, plus simple, et tout aussi recommandable pour une première expérience.
