Mario Luigi voyage au centre de Bowser désigne le troisième épisode de la saga de rôle des deux frères, développé par AlphaDream et sorti sur Nintendo DS en 2009. Avec 4,56 millions d’exemplaires vendus, c’est le jeu de rôle Mario le plus vendu de tous les temps, et sa moyenne critique atteint 90 sur 100 sur Metacritic. Son remaster 3DS de 2019, enrichi du mode Bowser Jr.’s Journey, divise en revanche beaucoup plus.
Mario Luigi voyage au centre de Bowser : l’histoire
Le titre officiel complet est Mario & Luigi : Voyage au centre de Bowser, également connu sous son nom anglais Bowser’s Inside Story. Le jeu s’ouvre sur une épidémie : les Blorbs, contractées par les Toads qui mangent un « champignon Blorb » vendu par un marchand, les font gonfler comme des ballons et rouler sans contrôle. Une réunion de crise se tient au château de Peach, en présence de Starlow, représentante des créatures stellaires qui veillent sur le Royaume Champignon.
Bowser profite de la confusion pour envahir le château et tenter d’enlever Peach. Battu par Mario, il est éjecté hors des murs. Le marchand responsable de l’épidémie n’est autre que Fawful, le savant fou déjà croisé dans Superstar Saga. Il tend à Bowser un « champignon aspirateur » qui lui donne le pouvoir d’inhaler tout ce qui l’entoure. Bowser gobe alors Mario, Luigi, Peach, Starlow et plusieurs Toads, tous réduits à taille microscopique dans son organisme.
Fawful prend ensuite le contrôle du château de Peach, son acolyte Midbus celui du château de Bowser, et le Roi Koopa, amnésique et ignorant tout de ce qui vit en lui, part à leur poursuite. Il ne communique qu’avec Starlow, qui se fait passer pour une simple assistante sous le surnom de « Chippy ». Le récit culmine autour de l’Étoile Noire, dont Fawful tire de quoi se transformer avant de basculer en une seconde forme. C’est Fawful et le duo Midbus qui portent la moitié de l’humour du jeu.
Deux jeux en un : le duo à l’intérieur, Bowser à l’extérieur
La construction est la vraie signature du titre. Le joueur pilote Mario et Luigi sur l’écran du bas, avec les boutons A et B pour les diriger et les faire sauter en tandem, dans un univers de plateforme 2D en défilement horizontal situé à l’intérieur du corps de Bowser. En parallèle, il dirige Bowser sur l’écran du haut, avec X et Y, dans un monde en vue de dessus où il frappe, inhale et crache ses adversaires.
Les deux plans communiquent en permanence. Ce que les frères déclenchent à l’intérieur modifie l’état de Bowser dehors, et inversement : une pression sur un organe peut faire tousser le Roi Koopa, qui recrache l’obstacle. C’est ce principe qui a fait la réputation du jeu et qui explique pourquoi il est cité comme le meilleur de la série par une partie des joueurs.
S’ajoutent les combats en Bowser gigantesque, où le joueur tient la DS verticalement, pose Bowser au sol et se bat contre des adversaires colossaux à l’aide de l’écran tactile, du souffle dans le micro et de mouvements de balayage. Ces séquences sont spectaculaires et restent une des rares utilisations convaincantes des capteurs de la console.
Le remaster 3DS de 2019 et le mode Bowser Jr.’s Journey
Une version remaniée, intitulée Mario & Luigi : Voyage au centre de Bowser + Les Péripéties de Bowsy, est sortie au Japon le 27 décembre 2018, en Amérique du Nord le 11 janvier 2019 et en Europe le 25 janvier 2019. Elle conserve l’intégralité de l’aventure d’origine et y ajoute un mode inédit, Bowser Jr.’s Journey, centré sur le fils de Bowser et sur des affrontements à gestion automatique de troupes.
La réception est nettement plus tiède que celle du jeu de 2009 : la moyenne tombe à 84 sur 100. Les critiques des joueurs pointent des graphismes jugés plus lisses et moins expressifs que ceux de la DS, une cadence affichée à 30 images par seconde, une réorchestration musicale qui divise, et un équilibrage inégal, tantôt plus facile, tantôt plus punitif. Le mode Bowser Jr.’s Journey est jugé sympathique mais souvent fastidieux une fois passé l’effet de nouveauté.
Le reproche le plus structurel reste la redondance : la cartouche DS d’origine fonctionne sur toutes les 3DS, y compris la première génération. Pour qui possédait déjà le jeu, le remaster apporte peu.
Le duo au combat
Les affrontements reposent sur le même principe que le reste de la série : chaque attaque se déclenche avec le bon timing, et les attaques Bros., qui consomment des points Bros., demandent d’enchaîner plusieurs pressions dans un ordre précis. Bowser, lui, joue une partition différente, plus frontale, avec la possibilité de cracher les ennemis qu’il a inhalés au préalable. Ce sont ces trois grammaires de combat, jamais mélangées, qui donnent au jeu sa variété et qui évitent la lassitude sur la quinzaine d’heures de l’aventure.
Ce que la presse en retient
Sur DS, le jeu atteint 90 sur 100 sur Metacritic et 91 % sur GameRankings, avec des notes très élevées partout : 9 sur 10 chez Eurogamer et Destructoid, 35 sur 40 chez Famitsu. La presse salue à l’unanimité l’écriture et l’inventivité des mécaniques, et plusieurs rédactions en font un des meilleurs jeux de rôle portables jamais produits.
Il faut ajouter un point qui ne figure dans aucun tableau de notes : pour une partie des joueurs, ce troisième épisode reste le sommet de la saga. Les mécaniques emboîtées des deux écrans, la transformation de Bowser en protagoniste malgré lui et l’inventivité comique de Fawful reviennent systématiquement dans les discussions sur le meilleur Mario & Luigi.
Sur 3DS, Gamekult attribue 7 sur 10 au remaster, en saluant une refonte graphique fidèle et une accessibilité renforcée, tout en reconnaissant que les joueurs ayant terminé l’original en 2009 n’ont guère de raison d’y retourner. La critique anglophone insiste sur le même point : c’est une excellente porte d’entrée pour qui découvre la série, pas une raison de racheter un jeu qu’on possède déjà.
Faut-il y jouer en 2026 ?
Le contexte a changé, et il est utile de le connaître. AlphaDream, le studio qui a conçu toute la série, a fait faillite en octobre 2019. La saga est restée dormante jusqu’à Mario & Luigi : L’Épopée fraternelle, sorti sur Switch le 7 novembre 2024, développé cette fois par Acquire, avec une direction artistique entièrement en 3D. Voyage au centre de Bowser reste donc la dernière grande production d’AlphaDream, ce qui ajoute une raison documentaire d’y jouer.
En pratique, le jeu fonctionne toujours sur toutes les consoles de la famille 3DS, et sa cartouche DS se trouve facilement en occasion. Aucune version Switch n’existe à ce jour.
Notre position : pour qui, pour qui pas
Mario Luigi voyage au centre de Bowser est le meilleur point d’entrée de la série, et probablement le jeu de rôle Mario le plus équilibré jamais sorti. Il mélange deux jeux distincts sans que l’un écrase l’autre, il utilise les spécificités de la DS avec une vraie inventivité, et son écriture comique ne faiblit presque jamais malgré une quinzaine d’heures de jeu.
Pour vous si vous cherchez un RPG portable accessible, drôle et bien rythmé, ou si vous voulez comprendre pourquoi les fans réclament une suite depuis 2019. Privilégiez la version DS si vous la trouvez : à 30 images par seconde et avec son esthétique d’origine, elle reste la meilleure façon de découvrir l’aventure.
Passez votre chemin si vous attendez des combats difficiles ou une refonte profonde. La difficulté est douce, et le remaster 3DS laisse un sentiment de rendez-vous manqué. Dans ce cas, notre soluce de Luigi’s Mansion 3 ou notre test de Paper Mario : La Porte Millénaire vous orienteront vers d’autres aventures solo du même univers.
Un dernier conseil concret : si vous visez le remaster 3DS, sachez que son intérêt principal reste le mode Bowser Jr.’s Journey. Si ce mode ne vous attire pas, la cartouche DS suffit largement.
Sources et liens : fiche technique, dates de sortie et ventes (4,56 millions) ; Gamekult, test du remaster 3DS ; OpenCritic, critiques du remaster ; Metacritic, avis utilisateurs 3DS.
Pour les autres titres de l’univers, consultez notre sélection des meilleurs jeux de Mario.
