New Super Mario Bros 2 3DS a un parti pris que peu de jeux Mario assument aussi frontalement : tout ramener aux pièces. Sorti en 2012 sur Nintendo 3DS, l’épisode transforme la collecte en objectif central, avec une fleur d’or, un mode dédié et un compteur qui dépasse le million. Voici ce que le jeu propose réellement, ce que la presse lui a reproché, et pourquoi il divise encore aujourd’hui.
New Super Mario Bros 2 3DS : le jeu qui compte ses pièces
La structure est celle d’un New Super Mario Bros. classique : Bowser enlève Peach, les Koopalings gardent les châteaux, Mario et Luigi traversent des niveaux en 2,5D et récupèrent trois pièces étoiles par stage. Ce qui change, c’est la place de la pièce jaune. Elle n’est plus un bonus, elle est le score, la monnaie et le sujet du jeu.
Le titre compte neuf mondes, dont six principaux et trois mondes spéciaux, pour 81 niveaux au total. Beaucoup possèdent plusieurs sorties, qui débloquent des zones supplémentaires sur la carte. La progression reste donc lisible, avec un habillage classique et des niveaux courts, taillés pour la portable.
La fleur d’or et les objets qui fabriquent des pièces
Le jeu ajoute plusieurs objets conçus pour produire des pièces en masse. La fleur d’or transforme les blocs en pièces et permet de lancer des boules qui font de même. L’anneau d’or change temporairement les ennemis en or, et les toucher rapporte gros. Un bloc masque, porté sur le dos, génère des pièces à chaque foulée.
Les objets classiques restent présents : super champignon, fleur de feu, mini champignon, méga champignon, et la feuille tanuki héritée de Super Mario Bros. 3, qui permet de frapper avec la queue et de planer. Une feuille d’invincibilité apparaît après cinq vies perdues dans un niveau, comme dans Super Mario 3D Land, et rend Mario invincible jusqu’à la fin du stage.
Ce catalogue donne une impression de générosité, et c’est exactement l’intention. Le jeu veut que le joueur casse des blocs, ramasse, recommence, et que le compteur monte. La boucle est claire, presque hypnotique, et elle fonctionne mieux sur portable, en sessions de dix minutes, que sur grand écran.
Le mode Ruée vers l’or, le vrai cœur du jeu
Le mode Ruée vers l’or se débloque après le premier monde et devient vite le centre de gravité du titre. Le principe : trois niveaux tirés au hasard, une seule vie, 50 ou 100 secondes par niveau, et un objectif unique, ramasser un maximum de pièces. Les pièces étoiles et les pièces de lune ajoutent des points au total. Atteindre le haut du drapeau double le magot du niveau.
Le mode est court, brutal, et extrêmement rejouable. Il transforme chaque niveau en problème d’optimisation : quel chemin rapporte le plus, à quelle vitesse, avec quelle marge d’erreur. Des packs de niveaux supplémentaires sont vendus en contenu téléchargeable après la sortie, une première pour un jeu Nintendo sur 3DS.
Le score se transmet par StreetPass, ce qui donne au jeu une dimension de défi entre joueurs croisés dans la rue. En 2012, dans un Japon et une Europe où la 3DS se promenait partout, le dispositif avait du sens. Il a évidemment perdu de sa superbe depuis l’arrêt du service en ligne de la 3DS.
Le défi du million de pièces
Le jeu conserve un compteur global de pièces, visible sur l’écran-titre et sur la carte. Avec SpotPass activé, ce total remonte sur le Nintendo Network et le joueur voit la somme accumulée par l’ensemble des joueurs du monde. L’objectif affiché, un million de pièces, est un marathon qui demande des dizaines d’heures de Ruée vers l’or.
Ce chiffre a structuré la réputation du jeu. Il a donné un cap aux joueurs de scoring et un argument marketing à Nintendo, mais il a aussi nourri la critique : un Mario dont la promesse principale est de compter des pièces ressemble davantage à un jeu mobile qu’à un épisode de la série principale.
Ce que la presse en a dit
Les notes sont honnêtes, sans enthousiasme débordant. Metacritic relève 78 sur 100, GameRankings 78,40 %, ce qui en fait le Mario principal le moins bien noté de la série. Famitsu donne 36 sur 40, avec un 9 chez chacun des quatre testeurs. Electronic Gaming Monthly monte à 9 sur 10, IGN à 8,5 sur 10, Nintendo Life à 9 sur 10.
Les compliments portent sur le level design, la précision des commandes et la durée de vie. Nintendo Life parle d’un jeu au level design brillant, avec assez de rejouabilité pour tenir des semaines. EGM insiste sur les secrets, les collectibles et les chemins alternatifs, qui restent la marque de fabrique de la sous-série.
Les critiques portent sur autre chose, et elles sont sévères. GameSpot descend à 7 sur 10, Polygon à 7 sur 10. Official Nintendo Magazine, pourtant généreux avec 90 %, résume le problème : le jeu est le meilleur platformer 2D de la 3DS, mais après six ans de suites, on attendait autre chose qu’un effet 3D et un mode de collecte de pièces.
Les défauts qui n’ont pas disparu
Le premier est la difficulté. Le jeu est facile, très facile, et les objets d’assistance (feuille d’invincibilité, méga champignon, pièces en excès) réduisent encore la pression. Un joueur adulte traverse la campagne principale sans jamais perdre deux fois au même endroit. Seule la Ruée vers l’or oppose une vraie résistance.
Le deuxième est le recyclage. Les textures, les ennemis, les bruitages et une partie de la bande-son viennent de New Super Mario Bros. Wii. La presse de l’époque l’a relevé immédiatement, et le recul ne l’a pas adouci : en 2023, le classement des Mario 2D du site TheGamer plaçait cet épisode dernier de la sous-série, en pointant des textures recyclées et une bande-son entièrement reprise de la version Wii.
Le troisième est la disparition du multijoueur en ligne. Le mode à deux exige deux cartouches et deux consoles, en local. Sur une portable vendue pour son jeu en réseau, c’est une occasion manquée.
13,41 millions d’exemplaires : le paradoxe
Malgré ces critiques, New Super Mario Bros. 2 s’est vendu à 13,41 millions d’exemplaires au 30 septembre 2022, ce qui en fait la cinquième meilleure vente de la 3DS. Le public visé, families et jeunes joueurs, n’a pas boudé un jeu facile, lisible et immédiatement gratifiant.
Le jeu était aussi le premier titre Nintendo publié simultanément en version physique et en téléchargement, ce qui a facilité son installation sur les consoles sans cartouche à portée de main. Cette double disponibilité a probablement joué dans le chiffre final.
Pour qui ce jeu vaut encore le coup
Il faut le conseiller aux joueurs de scoring. La Ruée vers l’or est un excellent terrain de jeu, avec des niveaux courts, des scores comparables et une courbe de progression claire. Ceux qui aiment optimiser un trajet, compter les secondes et répéter un niveau jusqu’à le plier y trouveront leur compte.
Il faut aussi le conseiller aux familles qui cherchent un Mario 2D simple sur 3DS, et à ceux qui veulent un jeu à sessions courtes. Le format portable, les niveaux de trois minutes et la générosité des objets en font un titre idéal pour un trajet en train.
Il faut l’éviter si vous cherchez un Mario marquant. Le jeu n’apporte presque rien à la série, sa campagne est trop facile, et son intérêt repose sur un mode secondaire. Ceux qui veulent un Mario 2D complet sur une console Nintendo récente trouveront davantage dans New Super Mario Bros. U Deluxe, avec ses 164 niveaux et son extension Luigi.
Pour situer l’épisode dans la production de la série, la sélection des meilleurs jeux de Mario reste la meilleure entrée en matière, et le dossier sur les transformations de Mario explique d’où viennent la feuille tanuki et la fleur d’or. Si vous hésitez avec un autre épisode portable de la même période, le test de Mario Kart 7 montre ce que la 3DS faisait de mieux en 2011 et 2012.
