Mario Maker 2 a sept ans et un problème de modération. Sorti le 28 juin 2019 sur Nintendo Switch, le jeu de création de niveaux n’a plus reçu de contenu depuis avril 2020, mais sa base de parcours reste l’une des plus actives de la console. En avril 2026, Nintendo a supprimé des milliers de niveaux au motif de « publicité », ce qui a relancé une question simple : que reste-t-il vraiment du jeu aujourd’hui ?

Mario Maker 2 : ce que le jeu permet encore de faire

Le principe n’a pas changé depuis le premier épisode de 2015 : on construit ses propres niveaux avec les briques de la série Mario, puis on les partage en ligne. Cinq styles sont disponibles, Super Mario Bros., Super Mario Bros. 3, Super Mario World, New Super Mario Bros. U et Super Mario 3D World, ce dernier ayant été retravaillé en 2,5D pour tenir dans un jeu à défilement horizontal.

Le contenu est dense. Le mode Histoire propose plus de cent niveaux conçus par Nintendo, que l’on traverse pour récolter des pièces et reconstruire le château de Peach, détruit par erreur par Undodog. Le mode Création accepte deux joueurs sur une même console, et le multijoueur en ligne permet à quatre personnes d’affronter un même parcours, en coopération ou en compétition.

La fonction la plus ambitieuse reste le Créateur de monde, introduit par la dernière grande mise à jour. Il permet de relier ses propres niveaux sur une carte, à la manière de Super Mario World, pour former un « Super Monde » partageable. Un monde peut contenir jusqu’à huit cartes et quarante parcours au total, avec maisons de Toad et tuyaux de téléportation.

Un point pratique à connaître avant d’acheter : toutes les fonctions en ligne, y compris l’accès aux niveaux des autres joueurs, exigent un abonnement au Nintendo Switch Online. Le jeu reste jouable et créable hors abonnement, mais il perd alors l’essentiel de son intérêt.

Trois mises à jour, puis le silence

Mario Maker 2 a été suivi pendant moins d’un an, puis abandonné. Le calendrier explique pourquoi la base s’accroche à ce qui existe, et pourquoi les attentes d’un troisième épisode restent fortes.

  • Version 1.1.0, 2 octobre 2019 : ajout de nouvelles options multijoueur, dont le jeu entre amis en réseau local et à proximité.
  • Version 2.0.0, 5 décembre 2019 : l’épée de légende, qui transforme Mario en Link dans le style 8 bits, les épreuves chronométrées Ninji, les blocs de tirette, les blocs P invisibles, les pics et les Pokeys.
  • Version 3.0.0, 22 avril 2020 : le Créateur de monde, les sept Koopalings et les Méchakoopas, le costume de grenouille, le ballon de puissance, le super gland, la fleur boomerang et les blocs à interrupteur.
  • Version 3.0.3, 7 février 2024 : dernière mise à jour en date, uniquement corrective. Elle est obligatoire pour utiliser les fonctionnalités en ligne.

Entre avril 2020 et février 2024, il ne s’est donc rien passé du côté du contenu. La mise à jour de 2024 était une simple mise à niveau technique, pas une relance. Aucun Super Mario Maker 3 n’a été annoncé depuis, et Nintendo n’a donné aucun signe d’un retour de la série.

Avril 2026 : des milliers de niveaux supprimés

Information à jour au 15 octobre 2026. Au début du mois d’avril 2026, des créateurs ont commencé à recevoir des notifications de suppression pour leurs niveaux, avec un motif inhabituel : « publicité ». D’après les signalements relayés par IGN le 8 avril 2026 et repris par la presse spécialisée, le nombre de parcours retirés se compte en milliers.

Le point commun des niveaux concernés est un mot-dièse dans le titre ou la description. Les communautés de créateurs utilisent ces étiquettes pour se retrouver, par exemple #TeamShell pour le groupe qui construit des niveaux autour de la carapace, ou #DGR du nom d’un vidéaste. Nintendo les aurait interprétées comme de la promotion commerciale, ce que ses règles d’utilisation interdisent. Le créateur américain Alex Tan, connu sous le nom de PangaeaPanga, a publié l’un de ces courriers : le motif indiqué était bien « Advertising », sans autre explication.

L’affaire a pris une seconde dimension quand la communauté a cherché un responsable. Des joueurs ont avancé qu’un ancien membre du classement mondial, connu sous le pseudo MT94, aurait signalé ces niveaux en masse depuis plusieurs consoles après avoir été sanctionné pour triche. Cette piste, relayée par la presse hispanophone et plusieurs vidéastes, reste une hypothèse de communauté : Nintendo n’a jamais confirmé ni l’ampleur exacte de la vague, ni son déclencheur.

Deux conséquences sont plus solides que la polémique. D’abord, plusieurs comptes de créateurs ont été suspendus par un système automatique qui réagit à l’accumulation de signalements. Ensuite, et c’est le plus grave, un niveau supprimé ne peut pas être remis en ligne, même modifié. Des joueurs ont perdu des parcours publiés depuis plus de sept ans, et aucun recours n’existe. Le conseil qui circule actuellement dans la communauté est simple : faire des copies de sauvegarde locales de ses niveaux et retirer les mots-dièses des titres et des descriptions.

Pourquoi la base de niveaux reste le vrai argument

Malgré cette vague, la logique du jeu tient toujours. Mario Maker 2 ne vit pas de ses mises à jour, il vit des parcours que ses joueurs publient. Les niveaux supprimés représentent une fraction de ce qui est en ligne, et la file des créations reste alimentée chaque jour.

C’est aussi ce qui rend le jeu difficile à remplacer. Aucun autre titre de la console ne propose la même chose : un éditeur accessible qui laisse produire un niveau correct en une soirée, et une bibliothèque assez vaste pour y passer des centaines d’heures sans revoir deux fois le même écran. La comparaison avec la création de niveaux dans Super Mario Bros. Wonder ne tient pas : le jeu de 2023 n’expose aucun éditeur au public, et notre soluce complète de Super Mario Bros. Wonder ne fait que confirmer cette différence.

Le revers est structurel. Parce que tout repose sur les utilisateurs, la qualité moyenne est faible, et une grande partie des parcours publiés se ressemblent. Trouver de bons niveaux demande de la patience ou de suivre des créateurs de confiance, ce que le jeu ne facilite pas. Personne ne devrait acheter Mario Maker 2 pour la sélection aléatoire suggérée par Nintendo.

Faut-il encore acheter Mario Maker 2 en 2026 ?

Oui, à deux conditions : aimer construire, et accepter de dépendre d’un abonnement. C’est l’un des rares jeux de la console qui transforme un joueur en créateur, et le mode Histoire est un complément correct pour ceux qui veulent seulement jouer. Sur Switch 2, Nintendo indique une compatibilité pleine, avec un comportement identique à celui de la Switch : le jeu tourne, mais sans amélioration graphique ni bonus de fluidité.

Non, si vous cherchez un jeu à progression ou une expérience encadrée. Le mode Histoire reste anecdotique en difficulté, l’éditeur impose une vraie courbe d’apprentissage, et la modération opaque de Nintendo peut effacer votre travail sans recours. Pour un jeu de plateforme Mario à terminer d’un bout à l’autre, mieux vaut se tourner vers les badges de Super Mario Bros. Wonder ou vers le remake de Super Mario RPG, qui demandent moins d’investissement personnel.

Un dernier repère pour l’achat : le jeu s’est vendu à 8,42 millions d’exemplaires dans le monde au 31 décembre 2022, et il se trouve aujourd’hui fréquemment en promotion. La version physique se revend bien d’occasion, ce qui permet de tester l’éditeur sans risque. Si l’envie de construire vous prend, notre sélection des meilleurs jeux de Mario aidera à situer ce que la série propose à côté.

By jdm

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