Super Mario 3D All-Stars réunit trois jeux qui ont chacun défini une époque : Super Mario 64 (1996), Super Mario Sunshine (2002) et Super Mario Galaxy (2007). Nintendo a sorti cette compilation le 18 septembre 2020 pour les 35 ans de la série, puis l’a retirée de la vente le 31 mars 2021. En 2026, la question n’est donc plus de savoir si elle valait son prix de lancement, mais ce qu’elle apporte encore face à ce que Nintendo propose aujourd’hui.
Réponse en deux lignes : c’est toujours la seule façon légale de jouer à Super Mario Sunshine sur une console moderne, et ce n’est plus la meilleure porte d’entrée pour Galaxy.
Super Mario 3D All-Stars : ce que contient la compilation
Trois portages en haute définition, et rien de plus. Super Mario 64, Super Mario Sunshine et Super Mario Galaxy, chacun dans sa version la plus aboutie d’origine, avec un affichage 1080p en mode télévision. Pas de remake, pas de niveau bonus, pas de documentaire : Nintendo a livré les trois jeux et s’est arrêté là.
Le détail qui compte pour les puristes concerne Super Mario 64. La version incluse n’est pas celle du lancement de 1996, mais la révision japonaise Rumble Pak de juillet 1997 : vibrations ajoutées, bugs corrigés et quelques ajustements de gameplay. C’est le même choix qui explique l’absence du saut long inversé dans cette version, le fameux recul infini utilisé par les speedrunners, corrigé dans cette révision.
Sunshine arrive directement de la GameCube, avec ses lancements de jet d’eau, son île Delfino et son nettoyage de paysages. Galaxy arrive de la Wii, avec une partie des contrôles de mouvement remappée sur les boutons de la manette. Complet, le tout se termine avec un lecteur de musique qui regroupe les bandes-son des trois jeux, l’ajout le plus généreux du lot.
Trois jeux, trois moments différents de la série
Le premier est un document historique. Super Mario 64 a inventé la caméra libre et le déplacement analogique, avec quinze niveaux accessibles depuis le château de la princesse Peach et 120 étoiles de puissance à récolter. Sa caméra se bloque encore dans les angles, et c’est justement ce qui rappelle à quel point le jeu partait de zéro.
Le deuxième est le plus clivant. Super Mario Sunshine impose un scénario bavard, une caméra capricieuse et un rythme plus lent, mais il reste le seul Mario 3D construit autour d’un jet d’eau, avec un level design qui n’a jamais été réutilisé depuis. C’est le principal argument qui reste à la compilation en 2026.
Le troisième est le plus solide du lot. Super Mario Galaxy, avec ses planètes minuscules et sa gravité changeante, a marqué la première grande réinvention de la formule 3D. Sa version Switch de 2025 étant désormais disponible, la compilation n’est plus indispensable pour lui.
Ce que la presse a reproché à la compilation
Sur les agrégateurs, la note est correcte sans être brillante : 82 sur 100 chez Metacritic et 85 % de recommandations chez OpenCritic. Le problème n’est jamais la qualité des trois jeux, qui font partie du patrimoine du jeu de plates-formes. Le problème, c’est ce qui les entoure.
Des portages, pas des remakes
IGN se montre le plus direct : le site regrette le manque d’efforts par rapport au travail réalisé pour Super Mario All-Stars en 1993, et souligne que le recours à l’émulation explique une bonne partie de l’absence d’améliorations. Le journaliste salue malgré tout le rendu de Mario 64, le meilleur jamais vu à l’époque, et des commandes toujours précises, tout en estimant que le jeu reste peu accessible à un joueur qui le découvre aujourd’hui.
Kotaku relève pour sa part que le portage de Mario 64 corrige des ralentissements présents dans le jeu d’origine, pointe quelques saccades en fin de partie sur Sunshine, et note que Galaxy conserve des séquences qui exigent encore les contrôles de mouvement de la Wii, avec les limites que cela implique. La presse française ne se montre pas plus tendre : Jeuxvideo.com attribue un 15 sur 20, quand Nintendo Life monte à 9 sur 10 sur la seule foi du contenu.
Deux reproches reviennent dans presque toutes les critiques : l’absence de Super Mario Galaxy 2, pourtant sorti en 2010 et jamais porté depuis, et le prix de 59,99 € pour trois jeux d’occasion numériques assemblés sans ménagement.
Pourquoi Super Mario 3D All-Stars n’est plus vendu
Nintendo a assumé la décision : la compilation faisait partie des produits mis en avant pendant l’anniversaire des 35 ans, et cet anniversaire s’est terminé le 31 mars 2021. Passé cette date, Super Mario 3D All-Stars a disparu de l’eShop et des rayons, en même temps que Super Mario Bros. 35 et le Game & Watch collector.
La suite est un succès commercial massif : plus de 9 millions d’exemplaires vendus, ce qui place la compilation parmi les meilleures ventes de la Switch. Un jeu qui se vend par millions et qu’on retire du catalogue, la méthode a fait parler. Elle a surtout créé une rareté artificielle qui n’a jamais disparu.
Car rien n’a été réédité depuis. Pas de version Switch 2, pas de réimpression de cartouches, pas de remise en vente temporaire à l’occasion du film Super Mario Galaxy sorti en avril 2026, alors que Nintendo a profité de cette période pour ressortir les deux Galaxy séparément. La compilation est restée dans la case des produits d’anniversaire, une catégorie que l’éditeur ne rouvre pas.
Le prix de Super Mario 3D All-Stars en 2026
Sur le marché de l’occasion, la cartouche se négocie aujourd’hui entre 60 € et 120 € chez les particuliers, et jusqu’à 155 € en bon état chez certains revendeurs reconditionnés. Le prix de lancement était de 59,99 €. Autrement dit, une compilation critiquée pour son rapport qualité-prix se revend aujourd’hui au double, parfois au triple, sans qu’une ligne de contenu ait été ajoutée.
Ce calcul mérite d’être refait à la lumière de ce qui est sorti depuis. Depuis le 2 octobre 2025, Super Mario Galaxy et Super Mario Galaxy 2 sont disponibles sur Switch et Switch 2, vendus environ 70 € le duo ou 40 € l’unité. Super Mario 64, lui, figure dans le catalogue Nintendo 64 des classiques Nintendo Switch Online, accessible avec l’abonnement et son pack additionnel depuis octobre 2021.
Il ne reste donc qu’une valeur sûre à la cartouche : Super Mario Sunshine, sans équivalent sur le matériel actuel. La compilation fonctionne par ailleurs sur Switch 2 grâce à la rétrocompatibilité de la console, sans mise à niveau particulière annoncée pour elle.
Faut-il acheter Super Mario 3D All-Stars en 2026 ?
Oui, si votre objectif est Sunshine. C’est le seul des trois jeux qui n’a reçu aucune réédition, et payer 60 à 80 € pour le récupérer sur une console actuelle reste un achat cohérent, à condition de viser le bas de la fourchette et de vérifier l’état de la cartouche.
Non, si vous visez Galaxy ou Mario 64. Pour Galaxy, la version Switch de 2025 coûte 40 € et corrige la plupart des réserves de 2020. Pour Mario 64, l’abonnement Nintendo Switch Online fait le travail pour bien moins cher. Et si vous cherchez une compilation généreuse signée Nintendo, Super Mario 3D World + Bowser’s Fury sur Switch, disponible autour de 40 € en neuf, propose trois fois plus de contenu neuf pour moitié prix.
Reste le cas du collectionneur. Une cartouche à tirage limité, retirée de la vente un an après sa sortie, avec trois jeux que Nintendo ne réédite pas ensemble : c’est un objet qui gardera sa valeur, indépendamment de ses qualités. Ce n’est pas un argument d’achat, c’est un constat de marché, et cela ne change rien au fait que la compilation, en elle-même, reste un emballage minimal pour trois grands jeux.
Pour situer la compilation dans l’ensemble de la ludothèque, notre sélection des meilleurs jeux de Mario permet de comparer ce qu’elle apporte à ce qui existe déjà.
Le verdict tient en une phrase : elle vaut aujourd’hui ce que vaut Sunshine, pas plus.
