Mario Party Star Rush a tenté ce qu’aucun épisode de la série n’avait osé avant lui : faire bouger tous les joueurs en même temps. Sorti en 2016 sur Nintendo 3DS, le jeu a divisé, entre ceux qui y voient l’épisode le plus sous-estimé de la franchise et ceux qui lui reprochent un contenu trop mince. Le bilan penche d’un côté, et il tient à quelques idées précises.
Mario Party Star Rush : le pari du mouvement simultané
Développé par NDcube avec CAProduction, Mario Party Star Rush abandonne le tour par tour classique. Ici, chacun lance son dé et se déplace en même temps, ce qui supprime les temps morts qui plombaient Mario Party Island Tour, sorti trois ans plus tôt sur la même console. Les plateaux ne sont plus linéaires : ils prennent la forme de grilles carrées où le joueur choisit sa direction.
La sortie s’étale entre l’Europe le 7 octobre 2016, l’Australie le 8 octobre, le Japon le 20 octobre et l’Amérique du Nord le 4 novembre. Le jeu reste exclusif à la 3DS et n’a jamais été porté ailleurs.
Toad Scramble, le cœur du jeu
Le mode principal, Toad Scramble, renverse un principe fondateur. Les joueurs ne choisissent pas Mario, Peach ou Yoshi au départ : ils incarnent chacun un Toad d’une couleur, et doivent recruter les personnages de la série en traversant le plateau. Il s’agit ensuite d’amasser le plus d’étoiles, obtenues en remportant les combats de boss disséminés sur la carte. Jusqu’à cinq boss peuvent apparaître, et les autres joueurs peuvent rejoindre le combat en se déplaçant sur la case concernée.
Chaque passage sur un ballon à pièces déclenche un mini-jeu, et le gagnant choisit souvent sa récompense. En fin de partie, les pièces se convertissent en étoiles, à raison de dix pièces pour une étoile. Le système de grille et le déplacement simultané donnent des parties courtes, de quinze à trente minutes selon Nintendo World Report, réparties sur une quinzaine de cartes.
Dix modes, tous ne se valent pas
Le jeu propose dix modes, débloqués progressivement. On retient surtout Coinathlon, une course où chaque pièce gagnée dans un mini-jeu fait avancer d’une case : la critique l’a régulièrement salué comme l’idée la plus réussie du lot. Balloon Bash reprend le principe de Toad Scramble sur des plateaux plus petits, avec 10, 20 ou 30 tours. Mario Shuffle est un duel à deux sur un plateau linéaire, conçu autour des amiibo. Rhythm Recital, le mode musical, a au contraire été critiqué pour sa légèreté. Challenge Tower et Boo’s Block Party complètent l’ensemble avec des défis solo et des affrontements.
Cette abondance de modes a un revers : plusieurs ont été jugés superficiels, ajoutés pour gonfler la durée de vie plutôt que pour l’enrichir.
Ce que la critique reproche
Le jeu affiche un Metascore de 68 sur 100, sur 40 critiques, ce qui le place au-dessus d’Island Tour mais loin des sommets de la série. Nintendo Life lui accorde 7 sur 10 et salue la nouvelle direction prise par la franchise. Nintendo World Report monte à 7,5 sur 10. À l’opposé, God is a Geek descend à 5 sur 10 et juge que le jeu s’essouffle vite.
Deux reproches dominent. Le premier est la quantité de mini-jeux, jugée trop faible au regard des épisodes précédents. Le second est la répétition : après quelques passages dans les modes, le joueur a, selon plusieurs critiques, « vu presque tout ce que le jeu a à offrir ». Les plateaux, trop vastes et clairsemés, accentuent cette impression de vide.
Un multijoueur à une seule cartouche, l’idée forte
Le principal atout de Star Rush ne se voit pas sur une fiche produit. Le jeu s’accompagne d’une déclinaison gratuite, Mario Party: Star Rush – Party Guest, téléchargeable séparément. Elle permet à plusieurs joueurs de rejoindre les parties avec une seule cartouche, ou même à des amis sans le jeu de tester une version restreinte. Pour un épisode à prix plein, cette générosité reste rare et facilite réellement les soirées.
Le revers tient à l’absence de jeu en ligne, que la série n’ouvrira pleinement qu’avec les épisodes Switch. Et depuis le 27 mars 2023, le jeu comme l’application Party Guest ont été retirés de l’eShop après l’arrêt du service sur 3DS : seuls les joueurs qui les avaient achetés auparavant peuvent encore y jouer.
Coinathlon, le mode le plus convaincant
Parmi les modes annexes, Coinathlon est celui que la critique a le plus défendu. Le principe est simple : chaque mini-jeu remporté rapporte des pièces, et chaque pièce fait avancer d’une case sur une piste. Le premier à franchir la ligne l’emporte. Le mode existe en Jeu libre, où le nombre de tours et de participants se règle, et en Course rivale, une série de défis enchaînés jusqu’à dix victoires consécutives. Sa lisibilité et son rythme en font l’ajout le mieux reçu de Star Rush.
Les boss, principal argument de Toad Scramble
Les combats de boss constituent le sel de Toad Scramble. Chaque affrontement gagné rapporte des étoiles, et un nouveau boss apparaît ailleurs sur le plateau. Comme les autres joueurs peuvent rejoindre la case pour participer, ces moments créent une vraie tension collective : remporter le combat seul rapporte davantage, mais les retardataires ont tout intérêt à s’inviter. C’est le mécanisme qui distingue le plus Star Rush des épisodes précédents, et celui que Nintendo World Report a cité pour saluer la nouvelle direction de la série.
amiibo et fonctions de la 3DS
Star Rush fait partie des jeux 3DS les plus liés aux amiibo. Les figurines ont des effets variables selon le mode : Mario Shuffle repose même sur elles pour opposer deux équipes sur un plateau linéaire, chaque figurine servant de pion. Sans figurine, des cartons découpés prennent le relais. Le jeu utilise aussi le contrôle classique, sans exploiter la 3D stéréoscopique autant qu’Island Tour, ce qui a été noté comme un recul sur ce point.
Une progression solo inégale
Le solo se répartit entre Toad Scramble contre des adversaires contrôlés par la console, Challenge Tower, une tour de défis à difficulté croissante, et les modes de mini-jeux isolés. Aucun de ces pans n’atteint la profondeur d’une aventure dédiée : les parties solo servent surtout à débloquer du contenu et à apprendre les mini-jeux. Pour un joueur isolé, l’intérêt retombe vite.
Pour qui Star Rush vaut encore le détour
Star Rush est un épisode à double face. Le pari du déplacement simultané est une réussite : c’est l’une des rares tentatives de la série pour dynamiter un rythme devenu prévisible, et plusieurs critiques y ont vu une piste à creuser. Toad Scramble et Coinathlon fonctionnent, et la formule à une cartouche reste un argument concret pour qui joue souvent à plusieurs.
Le reste déçoit. Le contenu se répète vite, les modes annexes sont inégaux, et le solo manque de profondeur. Pour un joueur qui cherche une expérience solo, le jeu ne suffit pas. Pour un groupe qui se retrouve régulièrement autour d’une 3DS, il propose des parties courtes et accessibles qui remplissent leur soirée.
Comparé à son prédécesseur, Star Rush corrige une bonne partie des défauts d’Island Tour, dont nous avons posé le bilan. Sur console moderne, l’épisode le plus complet reste Super Mario Party Jamboree, et notre guide sur Mario Party Switch 2 aide à choisir. Pour replacer la série dans l’ensemble de la saga, notre classement des meilleurs jeux de Mario reste la référence.
