Le jeu Mario Party Island Tour reste l’un des épisodes les plus discutés de la série sur console portable. Sorti en 2013 sur Nintendo 3DS, il a tenté de réinventer la formule en transformant la course aux étoiles en course vers une ligne d’arrivée. Le pari a divisé la presse et les joueurs, et le bilan mérite d’être posé froidement, preuves à l’appui.

Le jeu Mario Party Island Tour : un épisode à part dans la série

Développé par NDcube avec le groupe Nintendo SPD n°4, Mario Party Island Tour propose un principe éloigné des Mario Party classiques. Sur la plupart des plateaux, il ne s’agit plus d’amasser le plus d’étoiles mais de rejoindre le premier l’arrivée, sur des chemins linéaires et à sens unique. Chaque joueur lance son dé et avance indépendamment, comme dans les épisodes d’origine, contrairement à Mario Party 9 qui faisait voyager tout le monde dans un même véhicule.

La sortie s’étale sur plusieurs marchés : le 22 novembre 2013 en Amérique du Nord, le 17 janvier 2014 en Europe, et le 20 mars 2014 au Japon. Dix personnages sont jouables, dont Bowser Jr., à débloquer en terminant la Tour de Bowser. La 3DS est mise à contribution avec la 3D stéréoscopique, le gyroscope, le micro, la réalité augmentée et l’écran tactile.

Sept plateaux, sept règles différentes

Le jeu compte sept plateaux, chacun avec sa propre logique de victoire ou de progression. Les Chemins du palais périlleux forment le plateau d’introduction. Le Ruban étoilé demande de cumuler le plus de mini-étoiles. La Route des fusées remplace le 6 du dé par un 0, bloquant parfois net votre avancée. Le Tapis volant de Kamek impose de Tomber juste sur une case précise à l’aide de cartes numérotées. La Montagne furieuse de Banzai Bill envoie le joueur au point de départ ou à mi-parcours. La Ville mélangée de Maskass et le Pic étrange de Bowser complètent la liste avec leurs propres espiègleries.

Cet éclatement a un mérite : la variété. Il a aussi un coût : aucune règle commune ne s’installe, et il faut réapprendre le fonctionnement du plateau à chaque partie. C’est un reproche qui revient régulièrement dans les retours des joueurs.

Ce que la presse en a retenu

Le jeu affiche un Metascore de 57 sur 100, calculé sur 47 critiques, ce qui le place parmi les épisodes les moins bien notés de la franchise. IGN lui accorde 5,5 sur 10 et juge la campagne solo « risiblement mauvaise ». Game Informer descend à 4 sur 10. Polygon s’arrête à 5 sur 10 et estime que l’épisode est trop aléatoire. À l’inverse, GameSpot monte à 7 sur 10 et Nintendo Life à 6 sur 10, saluant la variété des mini-jeux.

La presse spécialisée relève surtout deux qualités : une bonne utilisation de la 3D et une collection de mini-jeux fournie et lisible. Elle pointe aussi une faiblesse structurelle : l’absence totale de jeu en ligne, à une époque où la concurrence commençait à le proposer.

Les défauts que personne ne conteste

Trois reproches reviennent de façon constante. Le premier est le rythme. Les tours s’enchaînent lentement, et les temps d’attente entre les actions cassent l’élan d’une soirée. Le deuxième est la place de la chance : sur plusieurs plateaux, le résultat dépend davantage d’un lancer de dé ou d’une carte que d’une décision du joueur. Le troisième est l’absence de mode en ligne, qui limite les parties au canapé ou au téléchargement local.

À cela s’ajoute un solo limité. La Tour de Bowser compte trente étages, avec un affrontement de boss tous les cinq niveaux, mais l’exercice se révèle répétitif. Les joueurs qui n’ont personne avec qui jouer se retrouvent vite à court de raisons de relancer le jeu.

Un multijoueur qui sauve la mise

Là où Mario Party Island Tour se rattrape, c’est en groupe. Jusqu’à quatre joueurs peuvent participer via plusieurs cartouches ou grâce au mode Téléchargement, qui ne réclame qu’une seule cartouche. Cette souplesse, héritée de Mario Party DS, reste sa meilleure idée : elle abaisse le coût d’une soirée à plusieurs.

Le mode Mini-jeux propose trois entrées. Le Jeu libre laisse choisir n’importe quel mini-jeu dès le départ. Le Contre-la-montre solo chronomètre une série de dix épreuves. Le Ballon ascensionnel, appelé Course de ballons en anglais, fait grimper un ballon à mesure que les joueurs remportent des mini-jeux. C’est dans ces moments partagés que le jeu trouve sa vraie raison d’être.

La Tour de Bowser, le solo du jeu

La Tour de Bowser est le seul mode résolument solo de Mario Party Island Tour. Le joueur grimpe trente étages, accompagné d’un Toad vert, et doit remporter une série de mini-jeux pour avancer. Tous les cinq étages, un boss bloque le passage : la Tour de Goomba, le Lancer de lave du Chomp enchaîné, le Slalom de neige de M. Blizzard, la Cour du chaos de Roi Bob-omb et le Combat aérien de Bowser. Chaque victoire ouvre l’étage suivant, et terminer la tour débloque Bowser Jr. comme personnage jouable.

La progression est claire, mais l’exercice s’étire. Le mode est annoncé pour environ 90 minutes, et la répétition des mini-jeux pèse sur la durée. C’est le point que la presse a le plus critiqué, IGN allant jusqu’à qualifier la campagne solo de « risiblement mauvaise ».

Quatre mini-jeux, quatre fonctions de la 3DS

Island Tour exploite largement le matériel de la console. Certains mini-jeux se jouent au gyroscope, en inclinant la console. D’autres réclament le micro, comme l’épreuve où il faut imiter un personnage. La réalité augmentée et l’écran tactile apparaissent ponctuellement, et la 3D stéréoscopique sert la lisibilité des plateaux. Cette générosité technique a été saluée comme l’une des réussites du jeu.

Le revers est l’inconstance. Les mini-jeux qui reposent sur le mouvement ou le micro se montrent parfois capricieux, et la presse a pointé des contrôles à la précision inégale. Tous les mini-jeux restent néanmoins débloqués dès le départ, ce qui évite la frustration d’un contenu à déverrouiller.

StreetPass et collection

Le jeu mise sur le StreetPass de la 3DS. Si la console croise un autre joueur possédant Island Tour, elle enregistre une balise et propose un duel de mini-jeux contre son personnage, une fois par jour. Un mode Collection permet par ailleurs de dépenser les points Mario Party gagnés en parties pour acheter des « bulles » et des souvenirs : enregistrements de voix et musiques tirés du jeu.

Faut-il encore y jouer en 2026 ?

En 2026, Mario Party Island Tour ne se recommande plus comme premier achat. Sur Switch 2, trois Mario Party plus récents proposent davantage de contenu, des modes en ligne et un confort supérieur. Notre comparatif dédié explique lequel choisir dans notre guide Mario Party Switch 2.

Deux cas justifient encore l’épisode 3DS. Le premier est la nostalgie ou la collection : pour qui a grandi sur la console à double écran, le jeu garde son charme et quelques mini-jeux réussis. Le second est le prix, souvent très bas en occasion, pour une soirée à plusieurs sans investissement. Dans ce cadre précis, il remplit encore son contrat.

Pour tout le reste, mieux vaut se tourner vers les épisodes modernes. Notre test de Super Mario Party Jamboree détaille le contenu de l’épisode le plus complet, et notre classement des meilleurs jeux de Mario permet de replacer Island Tour face au reste de la série. Nous avons aussi posé le bilan d’un autre Mario Party 3DS dans notre analyse de Mario Party Star Rush.

By jdm

One thought on “Mario Party Island Tour : le bilan 3DS”

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