Mario Party 9 Wii est l’épisode qui a le plus divisé la série. Sorti le 2 mars 2012 en Europe, il abandonne les déplacements individuels pour installer tous les joueurs dans un même véhicule. Un choix radical, qui a redessiné la formule et provoqué un débat encore vif aujourd’hui. Voici ce que la presse en a retenu, ses réussites comme ses faiblesses.
Le contexte compte. Après Mario Party 8 sur Wii, la série s’était installée dans une routine. Nintendo confie alors la licence à Nd Cube, un studio interne, avec pour mission de tout revoir. Mario Party 9 Wii est le résultat de ce virage, et il a fallu moins d’un an pour que Mario Party 10 en hérite.
Mario Party 9 Wii : ce que le jeu change vraiment
Le changement principal se voit en une partie. Fini les quatre pions qui progressent chacun de leur côté. Les joueurs montent tous dans un même véhicule et lancent le dé à tour de rôle. Celui qui obtient le meilleur score devient capitaine et fait avancer l’ensemble de la troupe.
Conséquence immédiate : les plateaux changent de nature. Ils ne bouclent plus sur eux-mêmes, ils ont un début et une fin. Une partie se termine donc au bout d’un trajet, en général en une heure environ, au lieu de s’éterniser sur vingt tours. Pour beaucoup de joueurs, c’est le gain le plus évident : la durée d’une session devient prévisible.
Le système de récompense bouge aussi. Les pièces et les étoiles disparaissent au profit des mini-étoiles, dispersées sur le plateau. Gagner un mini-jeu ou tomber sur la bonne case permet d’en récupérer, alors que certaines mini-étoiles violettes en font perdre. Le score final dépend donc moins des achats et davantage du parcours.
Les boss entrent dans le jeu
L’autre nouveauté majeure, ce sont les affrontements de boss. Chaque plateau comporte un boss à mi-parcours et un boss final. Les quatre joueurs unissent temporairement leurs forces pour abattre la créature, tout en se disputant le bonus de dégâts. Selon les relevés communautaires des cinq plateaux principaux, on croise Lakitu et Wiggler, Whomp et Big Bob-omb, Dry Bones et King Boo, Cheep-Cheep et Blooper, ou encore Spike et Chain Chomp.
Ces combats sont cités comme le meilleur apport du jeu. La presse spécialisée les a souvent mis en avant dans ses conclusions, et les joueurs les considèrent encore comme le point fort d’un épisode par ailleurs clivant. La formule coopérative et compétitive à la fois fonctionne : on frappe le boss ensemble, mais on compte ses propres dégâts.
Le contenu est généreux par ailleurs. Mario Party 9 propose environ 80 nouveaux mini-jeux, tous accessibles depuis le mode jeu libre, ce qui évite d’avoir à les débloquer un par un. Seuls les mini-jeux de boss demandent d’être croisés en partie avant d’être rejouables.
Ce que la presse en a dit
Le jeu n’a pas convaincu tout le monde, loin de là. Sur Metacritic, Mario Party 9 affiche une moyenne de 73 sur 100, calculée à partir de 45 critiques professionnelles, dans la catégorie « avis mitigés ». C’est un score honnête, ni triomphe ni désastre, et il résume assez bien le positionnement du titre.
Les arguments en faveur du jeu reviennent régulièrement dans les tests. La série « avait besoin » de ce changement, note une critique reprise par l’agrégateur, et le studio Nd Cube a « changé beaucoup de choses, toutes pour le mieux ». D’autres vont plus loin et parlent du meilleur épisode de la série, en pointant la variété des plateaux et la qualité des mini-jeux, qui exploitent la WiiMote sans tomber dans les gesticulations gratuites.
Les réserves sont tout aussi documentées. La plus citée concerne la part de hasard. Une critique résume l’impression générale d’une formule comparée à « Nintendo qui attrape le plateau au milieu de la partie et le jette à travers la pièce ». Le système de véhicule concentre aussi les reproches : en avançant tous ensemble, un joueur peut subir les choix d’un autre sans pouvoir réagir.
Les défauts qui reviennent le plus souvent
Trois critiques reviennent systématiquement dans les avis professionnels comme dans les retours de joueurs. La première est la dépendance à la chance. Les dés, les cases et les événements aléatoires pèsent lourd sur le résultat final, parfois plus que la maîtrise des mini-jeux. Le système de mini-étoiles accentue ce ressenti, puisqu’une mauvaise case peut annuler plusieurs bonnes performances.
La deuxième concerne l’absence de jeu en ligne. Mario Party 9 se joue exclusivement en local, jusqu’à quatre sur le même canapé. C’était la norme en 2012, c’est un manque quand on cherche à jouer à distance, même si les épisodes suivants n’ont pas tous corrigé le problème.
Un quatrième point, moins commenté, concerne la progression sur le plateau. Comme tout le monde avance ensemble, la lecture d’une partie devient collective : ce que fait un joueur profite ou nuit mécaniquement aux trois autres. Certains y voient un jeu plus rapide et plus lisible, d’autres une perte de la dimension stratégique qui faisait le charme des premiers épisodes. Ce désaccord traverse toute la communauté depuis 2012, et il n’a jamais été tranché.
La troisième touche la perte de contrôle individuel. Dans les épisodes précédents, chaque joueur construisait sa propre stratégie de déplacement. Ici, la trajectoire est collective, et le seul levier personnel reste le choix du capitaine et les objets. Pour une partie de la communauté, c’est une simplification excessive.
Un bilan de contenu qui reste solide
Il faut rendre justice à ce que le jeu propose. Environ 80 mini-jeux nouveaux, cinq plateaux principaux avec leurs boss, un mode solo, un mode jeu libre complet et des variantes d’affrontement : sur le papier, le contenu dépasse celui de nombreux épisodes ultérieurs. Les mini-jeux sont aussi accessibles dès le départ en jeu libre, ce qui évite la corvée de déblocage que d’autres titres imposent.
Le vrai problème n’est donc pas la quantité, mais la cohérence. Un contenu généreux, une direction artistique réussie et des combats de boss marquants, contre une mécanique de déplacement qui décide de tout. C’est cette tension qui explique la moyenne mitigée et les avis tranchés des joueurs, parfois enthousiastes, parfois très durs.
Mario Party 9 Wii en 2026 : pour qui, et pour qui pas
Il faut commencer par l’état des lieux matériel. La Wii U et la Wii ont vu leur boutique en ligne fermer le 27 mars 2023. Autrement dit, Mario Party 9 ne s’achète plus en dématérialisé : il faut un disque physique et une console compatible, la Wii ou la Wii U en mode Wii.
Cela posé, le jeu reste recommandable dans deux cas précis. Si vous cherchez une soirée courte et lisible, avec des parties qui se terminent en une heure et des boss marquants, Mario Party 9 fait le travail, et ses mini-jeux figurent parmi les plus accessibles de la série. Si vous aimez l’idée d’un cinquième joueur qui incarne le méchant, sachez que c’est Mario Party 10 qui poussera cette idée le plus loin.
À l’inverse, ceux qui cherchent une vraie maîtrise stratégique du plateau seront déçus. Le hasard pèse trop, et le véhicule commun limite les décisions individuelles. Sur ce terrain, les épisodes Nintendo 64 et GameCube gardent l’avantage, et la compilation Super Mario Party ou Mario Party Superstars permet justement de retrouver ces plateaux classiques avec des mini-jeux modernisés.
Pour une partie aujourd’hui, deux options font mieux sur le plan pratique. Super Mario Party Jamboree propose la formule la plus riche de la série, avec de nombreux plateaux et un mode en ligne. Quant à Mario Party Star Rush, il explorait déjà, sur 3DS, l’idée d’un jeu moins dépendant de l’ordre de passage. Notre classement des meilleurs jeux de Mario situe Mario Party 9 dans l’ensemble de la saga.
Verdict : un épisode à essayer pour ses boss et sa durée maîtrisée, à éviter si le hasard vous insupporte. C’est probablement le Mario Party le plus clivant de la série, et c’est exactement ce qui en fait un sujet de discussion dix ans après sa sortie.
