Mario Party 10 Wii U est le premier épisode de la série conçu pour la console de salon de Nintendo sortie en 2012. Lancé le 20 mars 2015 en Europe et en Amérique du Nord, le jeu ajoute deux modes inédits, Bowser Party et amiibo Party, autour d’un mode principal qui conserve le véhicule hérité de Mario Party 9. Onze ans après, que reste-t-il vraiment de cet épisode ?

Le contexte est important. Mario Party 10 Wii U arrive après un Mario Party 9 jugé clivant, et il hérite de ses choix de design, à commencer par le déplacement en véhicule. Nintendo y ajoute l’exploitation de la manette Wii U et des figurines amiibo, deux technologies alors mises en avant par la console.

Mario Party 10 Wii U : trois modes, trois promesses

Le jeu se divise en trois blocs distincts, ce qui change la façon de l’aborder. Le mode Mario Party constitue la base : quatre joueurs avancent ensemble sur un plateau, dans un véhicule, en lançant le dé à tour de rôle. Bowser y sème des obstacles, et les mini-jeux départagent les joueurs entre deux déplacements. C’est la formule classique, avec les règles de Mario Party 9.

Le mode Bowser Party est la vraie nouveauté. Quatre joueurs forment l’équipe Mario et tentent de survivre au trajet, tandis qu’un cinquième joueur incarne Bowser sur l’écran de la manette Wii U. Ce joueur dispose de dés supplémentaires et de capacités spécifiques pour rattraper le groupe et lui retirer ses cœurs. La manette sert ici de poste de contrôle, avec un usage combiné des boutons, du tactile et des mouvements.

Le mode amiibo Party prend une direction opposée. On y joue avec des figurines amiibo, chacune servant de pion. Le plateau est unique, mais il se compose de quatre segments interchangeables selon les figurines posées. La partie se limite à dix tours, avec un objectif simple : réunir le plus d’étoiles. Le but affiché est de recréer la sensation d’un jeu de société physique.

Le mode Bowser Party, la vraie réussite du jeu

C’est le mode que la presse a le plus défendu. Nintendo Life parle d’« un excellent exemple » d’utilisation des particularités de la Wii U, avec un mode asymétrique qui « dépasse le simple cadre des mini-jeux ». L’idée fonctionne parce qu’elle crée deux expériences opposées dans la même pièce : le joueur qui incarne Bowser cherche à faire mal, les quatre autres cherchent à survivre.

Le mode a cependant un défaut documenté. Il ne compte qu’une dizaine de mini-jeux et seulement trois plateaux, contre des dizaines de mini-jeux pour le mode Mario Party principal. Résultat, les mêmes mini-jeux reviennent plusieurs fois au cours d’une même partie, un phénomène que la presse spécialisée a relevé explicitement, en notant que cela n’arrivait pas dans les épisodes précédents.

Un mode amiibo qui divise

Le mode amiibo Party a reçu un accueil beaucoup plus tiède. Il impose de posséder des figurines compatibles, ce qui ajoute un coût au jeu lui-même. Les tests évoquent aussi une intégration mécanique : dans plusieurs situations, la figurine sert à lancer le dé, puis la manette redevient nécessaire pour le reste, ce qui ralentit le rythme de la partie.

La structure du mode est également plus pauvre que prévu. Un seul plateau, quatre segments à réorganiser, dix tours. Pour les joueurs qui attendaient un renouvellement du jeu de plateau classique, l’expérience reste limitée, et l’avantage concret se réduit souvent à la collection de figurines.

Ce que la presse reproche au jeu

Mario Party 10 a reçu des avis mitigés, avec des critiques convergentes. Les graphismes et la qualité globale des mini-jeux sont salués, y compris dans les modes où ils sont rares. La direction artistique colorée et l’animation des plateaux font partie des points positifs les plus cités.

Les reproches, eux, reviennent en trois blocs. Le premier est la dépendance à la chance, héritée de Mario Party 9 : les dés et les événements du plateau pèsent parfois plus lourd que la maîtrise des mini-jeux, et une avance peut fondre en une seule case mal placée. Le deuxième concerne l’usage de la manette Wii U, jugé sous-exploité en dehors du mode Bowser Party. Le troisième vise directement le mode amiibo Party, décrit comme le contenu le moins abouti du lot, avec son plateau unique et son intérêt limité pour qui ne collectionne pas les figurines.

Un point mérite d’être souligné pour les joueurs venus chercher du jeu local : le mode principal reste solide, avec ses dizaines de mini-jeux et ses plateaux soignés. C’est cette partie du jeu, pas l’ensemble du contenu additionnel, qui lui vaut encore d’être cité aujourd’hui.

Mario Party 10 en 2026 : où en est-on ?

L’état des lieux a changé la donne. La Wii U n’est plus produite depuis fin 2016, et sa boutique en ligne a fermé le 27 mars 2023, tout comme celle de la famille 3DS. Mario Party 10 ne s’achète donc plus en dématérialisé : il faut un disque physique et une console Wii U, ce qui restreint sérieusement l’accès. Aucune version Switch n’a été annoncée, et rien ne l’évoque du côté de Nintendo.

Autre conséquence : le mode amiibo Party dépend de figurines dont certaines deviennent difficiles à trouver à un prix raisonnable. Un joueur qui voulait découvrir ce mode aujourd’hui doit donc acheter le jeu, la console et les figurines compatibles. C’est un investissement qui ne se justifie plus vraiment en 2026.

Le jeu reste par ailleurs enfermé dans sa génération : pas de portage, pas de mise à jour, pas de mode en ligne. Son seul moyen de diffusion reste le disque Wii U.

Ce que le temps a fait au jeu

Onze ans après sa sortie, Mario Party 10 souffre surtout de la comparaison avec ses successeurs. Les épisodes Switch ont repris l’idée des mini-jeux de la période classique, ajouté un mode en ligne et enrichi les plateaux. Sur le terrain du contenu, Mario Party 10 ne peut plus rivaliser. Son intérêt résiduel tient à ce qu’il a d’unique, à savoir son mode asymétrique et son usage de la manette Wii U, deux choses qu’aucun autre épisode n’a reproduites.

Il faut aussi noter que le jeu n’a reçu ni patch ni extension capable de corriger ses faiblesses. Ce qui a été livré en mars 2015 est exactement ce qu’on peut jouer aujourd’hui, sans amélioration. Sur une période de onze ans, c’est une donnée à prendre en compte avant de dépenser pour une console d’occasion.

Pour qui ce Mario Party 10 vaut-il encore le coup ?

Il faut séparer deux publics. Si vous avez déjà une Wii U et des amis disponibles sur le même canapé, le mode Bowser Party reste une expérience asymétrique que la série n’a pas reproduite depuis, et elle se découvre en une soirée. Le mode principal, avec ses mini-jeux nombreux, tiendra aussi plusieurs sessions sans lassitude si le hasard ne vous dérange pas.

Pour tout le reste, la réponse est non. Un joueur qui cherche une expérience complète aujourd’hui a de meilleures options. Super Mario Party et Mario Party Superstars couvrent le terrain sur Switch, entre plateaux classiques et mini-jeux remis au goût du jour. Notre guide pour choisir un Mario Party sur Switch 2 permet de faire le tri entre les épisodes disponibles et leurs modes respectifs.

Si vous voulez le meilleur de la série en 2026, deux titres sortent du lot. Mario Party Jamboree sur Switch 2 propose la formule la plus riche, avec de nombreux plateaux et un mode en ligne, tandis que Super Mario Party Jamboree reste la référence pour les soirées à plusieurs. Notre sélection des meilleurs jeux de Mario remet l’ensemble de la saga en perspective.

Conclusion, sans détour : Mario Party 10 est un épisode correct, pas un épisode marquant. Son mode Bowser Party mérite le détour pour qui possède encore la console. Le reste du contenu, entre chance omniprésente et mode amiibo limité, en fait surtout un objet de collection pour les joueurs attachés à la Wii U.

By jdm

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