Six ans après sa sortie, Mario Kart Live reste un objet à part dans la série : une vraie voiture radiocommandée, une caméra embarquée, un salon transformé en circuit. Le concept n’a pas pris une ride, l’exécution si. La presse spécialisée avait salué l’idée et taclé le jeu, et le temps n’a pas redistribué les cartes. Information à jour au 24 septembre 2026.

Mario Kart Live : ce que contient vraiment le pack

La boîte ne contient pas un jeu au sens classique. Il y a un kart radiocommandé avec une figurine au volant, quatre arches de carton numérotées de 1 à 4 et deux barrières. Le logiciel, lui, se télécharge gratuitement sur l’eShop de la Nintendo Switch. Deux packs existent, un avec Mario, un avec Luigi, annoncés à 99,99 € pièce au lancement.

Le tracé se construit en posant les arches dans une pièce, puis en plaçant des flèches de guidage qui deviennent les points de passage de la course. La caméra du kart filme le sol, et l’écran de la console y superpose les adversaires, les blocs d’objets, la météo et les décors. Une course se joue en cinq tours. Le quotidien La Presse recensait vingt-quatre variantes de décors, du 50cc au 200cc.

Derrière le projet, il y a le studio américain Velan Studios, épaulé par plusieurs équipes internes de Nintendo, dont le groupe de production n°4 d’EPD et Nintendo European Research & Development. La sortie mondiale date du 16 octobre 2020. Nintendo annonçait 1,73 million d’exemplaires écoulés au 31 décembre 2022.

Ce que le mode Grand Prix propose vraiment

Le contenu de jeu tient dans un mode principal, le Grand Prix, où le joueur affronte Bowser Jr. et les Koopalings sur des circuits qu’il a lui-même dessinés dans son logement. Chaque manche se construit autour des quatre arches, transformées en points de passage, et se court en cinq tours.

La progression passe par les costumes et la personnalisation. En accumulant les récompenses, on débloque de nouvelles tenues et de nouveaux véhicules à l’écran, d’une excavatrice à une navette spatiale. C’est là que se joue la durée de vie du titre, plus que dans la variété des pistes.

Un détail de confort, souvent oublié : le jeu se joue aussi bien sur l’écran de la Switch en mode portable que sur un téléviseur. Dans une petite pièce, la console posée près de soi est même plus pratique que la télévision, puisque le kart doit rester à portée de signal.

Les deux défauts que tous les tests pointent

Le premier s’appelle la latence, cette différence entre ce que fait la voiture et ce que l’écran affiche. Elle devient gênante à partir du mode 150cc. Gamekult, qui a noté le jeu 4/10, parle d’un « divertissement minimum » et cite la latence puis la faible portée du signal sans-fil comme les deux limites majeures du produit.

Le second défaut est justement cette portée. Nintendo recommande de garder le circuit à moins de cinq mètres de la console, et déconseille l’usage à l’extérieur. Dans un appartement, les murs et les meubles font le reste : le signal tombe, le kart s’arrête, il faut aller le récupérer à la main. À force, la manipulation devient une part du jeu qu’on n’avait pas demandée.

Un troisième reproche, plus éditorial, concerne le contenu. Puissance Nintendo, qui a attribué 15/20, résume bien la situation : le concept est ingénieux, mais le jeu ne détrônera pas Mario Kart 8 Deluxe. La Presse, pour qui c’est « une idée de génie qui frappe un mur », ajoute un détail très concret : il y a deux courses en une, celle du kart au sol et celle de l’écran, et personne ne suit vraiment les deux en même temps. La résolution de la caméra embarquée reste basse, loin du rendu d’un Mario Kart classique.

Ces défauts ne sont pas des bugs, ils tiennent au principe même du produit. Une voiture qui roule au sol dans une pièce réelle subit les contraintes d’une pièce réelle, et la transmission vidéo a un coût technique. La presse l’avait compris au moment des tests, et le recul de six ans confirme le diagnostic.

Ce qui tient encore très bien en 2026

Le jouet, d’abord. La voiture a encaissé les collisions pendant les tests de la presse, murs et meubles compris, et elle a tenu. Son autonomie tourne autour de 90 minutes, de quoi couvrir une vraie session sans recharge.

La promesse, ensuite. Aucun autre jeu de course ne propose ça : voir son propre couloir devenir une piste, avec le chat qui déboule au milieu d’un virage. C’est le genre d’expérience qui marque un enfant bien plus qu’un circuit supplémentaire dans une liste.

Le multijoueur local, enfin. Quatre karts peuvent courir ensemble, à condition d’être dans le même logement, puisque le jeu ne propose aucune course en ligne. La contrainte a un avantage en 2026 : Mario Kart Live ne dépend d’aucun serveur pour fonctionner. Il n’y a pas de service en ligne qui pourrait fermer et transformer le matériel en brique. Une mise à jour 2.0 a par ailleurs ajouté le multijoueur en écran partagé, ce qui évite d’acheter quatre téléviseurs.

Pour qui le pack vaut encore ses 100 €

Le jeu vise une situation précise. Un enfant d’environ sept à onze ans, un sol dur et dégagé, une pièce où l’on peut tracer un huit sans se coincer dans un meuble. Dans ces conditions, le rapport entre l’émerveillement et le prix reste correct.

Il ne convient pas à tout le monde. Un salon encombré d’une vingtaine de mètres carrés rend les courses frustrantes, le kart passe son temps contre les pieds de table. Les joueurs qui cherchent un Mario Kart complet seront déçus : le contenu est limité, et les envolées de Route Arc-en-ciel n’existent pas ici. Ceux qui veulent affronter des amis à distance doivent passer leur chemin, tout se joue dans la même maison.

Le point de vigilance, c’est le prix. À 100 € pour un objet de 2020, dont le contenu n’a plus bougé depuis, l’achat se justifie pour l’expérience, pas pour la quantité de jeu.

Un dernier point pratique : le jeu est sorti il y a six ans et son contenu n’a plus évolué depuis la mise à jour 2.0. Le pack ne s’adresse donc pas à quelqu’un qui attend du nouveau, mais à celui qui veut un objet fini, qui fait exactement ce qu’il promet, dans les bonnes conditions.

Trois questions avant de commander

Combien de joueurs en même temps ?

Quatre karts au maximum, tous dans la même maison. Chaque joueur supplémentaire a besoin de son propre kart et de sa propre console. Il n’existe aucune course en ligne, ni avec des amis distants, ni avec des inconnus.

Faut-il un grand salon ?

Nintendo recommande de rester à moins de cinq mètres de la console et déconseille l’extérieur. La presse a testé le jeu dans un salon d’une vingtaine de mètres carrés : les virages arrivent vite, et les meubles deviennent des obstacles permanents. Une pièce dégagée change complètement l’expérience.

Le matériel est-il fragile ?

Non, et c’est l’un des rares points sur lesquels tous les tests convergent. La voiture a encaissé les chocs répétés contre les murs et les pieds de meubles sans casser.

Si vous cherchez surtout un jeu de course

Le kart réel reste un objet unique, pas une porte d’entrée dans la série. Pour la course pure, mieux vaut regarder ailleurs. Notre test de Mario Kart World fait le point sur l’épisode le plus récent, et la tier list des personnages aide à choisir un pilote. Pour comprendre ce qui sépare les épisodes sur la piste, l’analyse de la physique des courses reste utile.

Et si l’envie porte sur autre chose que la course, notre sélection des meilleurs jeux de Mario couvre le reste du Royaume Champignon, des plateformes aux party games.

Sources : Nintendo (fiche produit et chiffres de ventes), Velan Studios, Gamekult, Puissance Nintendo, La Presse, Nintendo Support.

By jdm

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